NOVEMBRE 2018
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Premier contact – Quand la SF préfère la réflexion à l’action

Premier Contact

Premier Contact, c’est un film à « petit » budget (comparativement aux gros blockbuster hollywoodien) qui n’a que très peu fait parler de lui lors de sa sortie dans les salles. Et pourtant, ce film (pour ma part) mériterait de faire autant de bruit que les gros blockbusters, car c’est une excellente surprise.

Je préviens tout de suite, l’article contient des spoils sur l’intégralité de l’histoire, ou presque.

 

Mon avis

Je ne vais pas rentrer dans des détails de type « le grain de l’image rappelle les productions d’un obscur cinéaste russe de 1971 et la mise en scène est similaire à celle d’un réalisateur islandais dans son film de 1963 ». Déjà parce que je n’y connais rien sur ces sujets , et surtout, parce que je préfère me pencher sur le fond plutôt que la forme.

J’ai été très agréablement surpris par Premier Contact. C’est un film qui m’était complètement passé inaperçu lors de sa sortie au cinéma et j’ai été intrigué lorsque j’ai vu la publicité au moment de sa sortie en DVD, le film semblait avoir un petit air de « Rencontre du troisième type », un film que j’avais adoré.

J’avoue qu’au début, je ne m’attendais pas à « grand-chose » en ayant lu le synopsis. Je m’attendais à un énième film de science-fiction avec des explosions de partout, des combats aliens VS humains, le tout saupoudré de l’éternelle « Gloire aux Américains, sauveurs du monde » que l’on retrouve dans la plupart des films d’extraterrestres. Et j’ai été très content, une fois le film terminé, d’avoir eu complètement tord.

C’est même tout l’inverse. Le film nous montre un monde qui s’associe et s’allie pour tenter de percer ce nouveau mystère, comprendre et dialoguer avec ces visiteurs. Tout le film tourne autour de la communication et la compréhension mutuelle, sujet que je trouve être d’actualité dans notre monde réel d’ailleurs, tant les gens ont du mal à communiquer et se comprendre malgré le fait que l’on soit à l’ère de la communication.

On assiste, même si c’est relégué au second plan, à divers comportements humains suite à ces arrivées. On voit ainsi certains sombrer dans la panique, d’autres dans la religion, d’autres s’en prennent aux gouvernements, qu’ils jugent incapables de gérer la situation, etc. C’est d’ailleurs via ce dernier point que l’on assiste à quelques retournements de situation, comme le Général Shang qui, dos au mur à cause de nombreux soulèvements populaires à travers le globe, décide d’agir et de lancer un assaut sur les Heptapodes.

Toutefois, les enjeux politiques ne sont pas le point crucial du film. Mais, comme dit plus haut, bel et bien la communication et la compréhension. C’est d’ailleurs, à de nombreuses reprises, évoqué dans le film via Louise Banks. On peut voir, par exemple, la panique totale des gouvernements et équipes de recherche lorsqu’une traduction des propos des Heptapodes donne « Offrir Armes ». Immédiatement, tout le monde se met à imaginer le pire, que c’est une demande de redditions, une déclaration de guerre, etc. Louise tente par tous les moyens d’expliquer qu’il est fort probable que les Heptapodes ne fassent pas la différence entre une arme et un outil et qu’ils viennent en réalité nous offrir un outil. Malheureusement, le fanatisme guerrier prend le dessus et le monde est (encore plus) en alerte rouge, les « nouvelles alliances » entre les nations tombent comme un château de cartes et chacun s’isole pour se préparer au conflit de son côté.

Le film nous offre aussi quelques questionnements, notamment par l’intermédiaire de la relation entre Louise et sa (future) fille. Louise, connaissant le triste sort de sa fille, qui mourra d’une maladie incurable au moment de son adolescence, se demande si, en connaissant l’avenir, elle pourrait faire les choses autrement. Mais quelle est la chose la plus difficile ? Décider de ne pas vivre ce futur et ne pas avoir d’enfant, effaçant de par le fait des années de bonheurs, ou bien tout de même suivre cette voie qu’elle a vue, vivre des années de joies et de bonheurs, en sachant que la fin sera terrible, douloureuse et cruelle ?

Le côté visuel n’est pas moche, les effets spéciaux sont vraiment très beaux, même s'ils ne représentent pas l’essence du film. Le film a pour but de raconter une histoire, vue à travers les yeux de Louise Banks et non pas de nous exploser la rétine à coup d’effets spéciaux.

Conclusion

Pour conclure, Premier Contact est une agréable surprise. Le film est vraiment prenant et intéressant, l’histoire est bien ficelée et je n’ai noté qu’une seule petite incohérence dans le scénario, mais qui ne « casse » aucunement le plaisir. C’est agréable de voir un film qui se focalise davantage sur l’histoire plutôt que sur l’explosion rétinienne.

C’est également une très agréable surprise d’enfin voir un film avec des extraterrestres qui se repose sur autre chose que sur les gros flingues ou la science. Ici on a un film sur des extraterrestres, mais c’est le côté « humain » qui prime sur tout le reste. Sentiment, choix, compréhension, réflexion, etc.

C’est vraiment un film que je recommande, qui devrait plaire même à ceux n’aimant pas les films de science-fiction en général.

 

 

Vendeur de pop-corn !

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