NOVEMBRE 2018
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Il était une fois, récurrence scénaristique : Noël

C'est la période de Noël : neige, cadeaux, sapins et téléfilms en boucles sur la plupart des chaines. Il y a une véritable industrie de Noël à la télévision, pas seulement sur le manteau rouge Coca-Cola du Père Noël. Et pas seulement sur le petit écran. Le grand aussi a connu son nombre d'œuvres sur cette fête. Des œuvres bien plus diversifiées que pour la télévision. Et avec les années, elles se sont multipliées au point que les lister toutes est impossible. Mais en voici quelques unes, parmi les plus célèbres. Souvent imitées, mais atteignant rarement un même niveau de célébrité.

Les films de Noël peuvent être rangés en trois catégories. Ceux qui présentent une belle histoire avec des éléments rappelant "l'esprit de Noël". Se déroulant à cette période, ils peuvent invoquer des éléments fantastiques. Mais pas, par exemple, le Père Noël. Ensuite il y a les contes. Et enfin ces histoires utilisant la période comme décor sans forcément un lien scénaristique fort derrière.

L'esprit de Noël

En 1946, Frank Capra réalise La vie est belle que beaucoup considèrent comme son chef d'œuvre. Un homme déprimé songe à se suicider quand un ange vient lui rappeler tout ce qu'il a fait de bien dans sa vie et ce que serait le monde sans lui. Un scénario réutilisé dans de nombreuses séries pour un épisode spécial. Un autre classique est Miracle sur la 34ème rue (1947, et un remake en 1994). Du fait de la présence du Père Noël dans ce film, on pourrait le classer parmi les contes. Mais toute l'histoire tourne autour de l'ambiguïté du personnage : qui cette responsable de grand magasin a-t-elle engagé ? Est-il vraiment ce qu'il prétend ou est-il juste un fou ? Belle réflexion sur la croyance.

Plus moderne, il est possible de citer Love Actually (2003). Cette comédie romantique britannique suit les histoires de plusieurs couples et personnages durant cette période féérique. Ou encore au rayon historique Joyeux Noël (2005), sur la fraternisation entre soldats des deux camps durant la Première Guerre Mondiale. Autre genre, Bad Santa (2003) : ou quand cambriolage, déguisement de Père Noël et rêves des enfants se croisent. Ou encore Family man (2000) : un homme qui a tout donné à son travail se retrouve soudain dans une autre dimension où il a choisi la famille. Un déplacement qui a lieu pendant les fêtes. Là aussi une idée souvent réexploitée.

Le côté sombre de la fête, son mercantilisme, peut aussi être exploré dans La course au jouet (1996). Un père de famille s'y prend en retard pour trouver le jouet réclamé par son fils. Et doit parcourir de nombreux magasins pour que tout se termine bien.

Les contes

Le plus célèbre des contes de Noël est Un chant de Noël de Charles Dickens. Rapidement devenu célèbre, il connaît une première adaptation dès 1901. D'autres suivront, de manière très régulière. Plusieurs séries adapteront l'histoire à leurs personnages. Et des films... Ebenezer Scrogge avait inspiré le personnage Disney de l'oncle Picsou, celui-ci reprendra le rôle dans Le Noël de Mickey (1983). Il y a même une version Muppets en 1992. Une autre version animée avec Jim Carrey incarnant pas moins de huit rôles en 2009. Ou encore la version modernisée de Richard Donner avec Bill Murray en 1988 baptisée Fantômes en fête.

Le Grinch (2000) est l'adaptation d'un roman de 1957. Au pays des choux, un croque-mitaine vert tente de saboter la fête. Jusqu'à ce qu'il se laisse envahir par l'esprit de Noël. Dans L'étrange Noël de Mr Jack (1993), produit et scénarisé par Tim Burton et distribué par Disney, une créature d'Halloween découvre la fête qui suit la sienne et décide d'y participer. Quand un enfant commence à perdre intérêt sur la fin d'année, Tom Hanks multiplie les rôles dans Le Pôle express (2004) pour l'emmener à la fabrique de jouets du Pôle Nord.

Au rayon comédie, quand Tim Allen découvre que le Père Noël a glissé sur son toit et est mort dans son jardin, il se laisse convaincre par son fils de le remplacer, cela donne Super Noël (1994, avec des suites en 2002 et 2006). Ou comment un homme ordinaire se retrouve pris dans un engrenage extraordinaire.

A la même période

Difficile de croire que les personnages du film français Le Père Noël est une ordure (1982) viennent célébrer l'esprit de la fête. Il s'agit plus d'un argument pour multiplier les blagues à l'humour façon Splendid. A sa sortie, tout comme la pièce de théâtre dont elle est une adaptation, il avait subi une violente charge de mouvements qui lui reprochaient de ridiculiser certaines traditions. Ce qui ne l'empêche pas d'être un succès continu à chaque diffusion.

Maman j'ai raté l'avion (1990, et sa suite en 1992) est une redite sur le thème de l'enfant laissé en arrière, de l'amusement initial au sentiment d'abandon final. Mais placé dans ce contexte bien spécial, cela lui donne un cachet inoubliable et magique.

Enfin, parlons de Piège de Cristal (1988). Dans ce film d'action, comme dans sa suite de 1990 58 minutes pour vivre (les autres suites ne reprendront plus cet élément), le héros incarné par Bruce Willis croise des terroristes et criminels alors qu'il cherche à rejoindre sa famille pour les fêtes. Rien de plus, sinon que cela justifie quelques lignes de dialogues et certaines musiques. Mais le film a eu un tel succès et retentissement qu'il est souvent classé comme l'un des plus grands films de Noël.

Des inclassables

Et puis, on peut parler des Objets Filmés Non Identifiés. Le plus célèbre est le Star Wars Holliday Special, traduit en français par Au temps de la Guerre des Etoiles. Le succès du premier film de la saga en 1977 avait lancé plusieurs compagnies qui allaient devenir légendaires et essentielles à Hollywood. Et pour les financer, George Lucas jouait énormément sur les produits dérivés. Pour garder l'attention sur son produit, il commanda à ses subordonnés un téléfilm spécial diffusé en décembre 1978.

Le résultat est célèbre pour ses non-qualités, son manque de rythme et de moyens. Avec du mauvais goût tel que sortir Mark Hamill de l'hôpital avec des semaines d'avance pour le tournage (suite à un accident de voiture qui l'avait défiguré). Lucas a passé des années à essayer d'enterrer l'échec et rendre introuvable le film. Mais reste que cela place le Jour de Vie, version Star Wars de Noël (en vo, la vf saccageant encore plus). La fête prend alors un sens plus universel et d'autres univers de science-fiction inventeront des célébrations similaires.

Mais le film le plus inclassable sur Noël reste Gremlins (1984). Le réalisateur Joe Dante souhaitait critiquer une certaine image que les Etats-Unis aimaient afficher. Et pour cela, la période de Noël est idéale. Son massacre est indissociable de la construction du scénario. Et c'est parce qu'ils s'en prennent à ces symboles si souvent associés à une certaine pureté que les gremlins apparaissent aussi effrayants. La période choisie est donc essentielle à l'histoire, sans la lier à un carcan classique maintes fois répété. Ce qui le rend si difficile à classer.

Et ce n'est toujours qu'un petit aperçu des films sur la fête de Noël!

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